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Colloque international, 18-20 octobre 2001, Cartagena de Indias, Colombie

" 500 ans en Amérique, 150 de l'abolition de l'esclavage.
Passé et présent des afrodescendants en Amérique "

Argumentaire

A 150 ans de l'abolition de l'esclavage, la " question noire " revient sur le devant de la scène colombienne, au moins dans les régions à forte proportion afrocolombienne : le Pacifique, la côte caraïbe, les principales villes du pays. Cette année 2001 sera l'occasion de faire le bilan provisoire, 10 ans après la promulgation de la Constitution de 1991 qui stipule l'existence et les spécificités des communautés noires, suivie de la loi de 1993 qui leur reconnaît des droits spécifiques, notamment territoriaux. Le siècle qui sépare l'abolition officielle de l'esclavage (1852-53) et la moitié du XXème sera, pour les populations noires, celui de l'oubli et de l'invisibilité. Les processus sociaux et politiques divergent entre la côte pacifique, tenue à l'écart des dynamiques nationales, et le littoral caraïbe où le métissage s'accentue. La modernisation qui débute dans les années 1950 bouleverse les modes anciens de peuplement, d'exploitation et de travail des populations rurales, tandis que l'urbanisation s'accélère avec les migrations, dont celles provenant des régions noires. Après une violence aiguë au niveau national (1848-1956), une relative accalmie sociopolitique puis l'émergence d'une nouvelle violence à partir des années 1980, le pays, politiquement exsangue, s'engage dans une refonte qui débouche en 1991, sur une nouvelle Constitution. A partir de cette date, tout s'accélère pour les populations noires qui se mobilisent pour prendre part aux débats et appliquer les réformes les concernant. De multiples organisations voient le jour, avec des inévitables conflits de pouvoir autour du contrôle des nouvelles ressources débloquées, dans un contexte de discrimination et de racisme toujours très prégnant. L'identité devient enjeu et ressource, le notions de race et de classe sont mises à contribution pour expliquer les inégalités criantes comme pour mobiliser les individus sur des projets organisationnels, dans un flou théorique qui nuit à la compréhension des mécanismes sociaux, politiques, économiques et culturels mis en jeu dans les transformations.
La réunion s'inscrit dans l'effort international pour réfléchir sur les problèmes de discrimination, qui devient un thème central de négociation politique, notamment dans le domaine des politiques éducatives (Conférence internationale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les formes connexes d'intolérance, Afrique du Sud, 31 août - 17 septembre 2001. Elle entend réunir colombiens, européens, africains, américains du nord et du sud, en prenant soin de ne pas exclure certaines écoles de pensée au profit d'autres, tout en assurant la rigueur scientifique indispensable. En particulier, les dialogues entre " africanistes ", " afrocentristes ", " particularistes ", " universalistes " et " constructivistes ", etc., devraient lever les malentendus et les confusions qui gênent le développement serein de ces problématiques. Dans le contexte colombien marqué depuis quelques années par les débats l'égalité et la pluriethnicité, un travail critique reste à faire, non seulement par rapport à une histoire sur laquelle la discrimination esclavagiste, mais aussi par rapport aux dynamiques contemporaines. Pour ce faire, nous aimerions :
Repenser l'expérience colombienne et périphérique de processus contradictoires et pourtant combinés d'esclavisation des populations noires, d'adaptation, soumission ou résistance, de relations socio-raciales et de discrimination, d'automanumission, de discrimination/assimilation, et de ségrégation/intégration qui ont donné lieu à des configurations locales et régionales hétérogènes. Féconder à nouveau ces débats, c'est déjouer les pensables existants et ouvrir la réflexion du côté de ce qui surgit.
Circonscrire les dynamiques contemporaines, contrastées selon les régions étudiées et les perspectives adoptées. Si la mobilisation politique est une des dimensions les plus évidentes du retour de la " question noire " sur le plan national, elle n'en est pas pour autant facile à déchiffrer et contextualiser. A cet égard, il s'agira d'entrer au cœur des stratégies et des alliances opérées par les différents acteurs, avec des logiques qui s'entrecroisent, dans un contexte national fortement perturbé (violence, narcotrafic). L'international, le national et le local se combinent parfois de façon inattendue en réponse à des revendications identitaires exposées selon des modes très divers. D'où il importe de repenser les pratiques et les discours, les différents niveaux d'appréhension et leurs articulations.
Aborder de front la question des réparations qui prend de plus en plus corps dans les débats intellectuels et politiques. L'importance de la question oblige à réfléchir sur ses postulats et paramètres, sur ses horizons pragmatiques autant que symboliques, ses modes d'autoreflexivité et de mise en narration, ses articulations fonctionnelles et ses espaces d'inclusion et d'exclusion, les modes de réconciliation, de reconnaissance mutuelle, etc., qui permettent de penser le contemporain



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