De la salle de classe à la capitale : un voyage d’études pour les étudiants de la maîtrise en affaires publiques et internationales de Glendon

Dix-huit étudiants de première et de deuxième année du programme de maîtrise en affaires publiques et internationales de Glendon ont passé quatre jours à Ottawa, du 13 au 16 avril, dans le cadre d’un voyage d’étude intensif conçu pour établir des liens entre l’apprentissage universitaire et l’élaboration concrète des politiques publiques. Organisé selon la règle de Chatham House, le programme a favorisé des échanges ouverts et francs avec de hauts fonctionnaires, des diplomates et des experts en politiques publiques à travers la capitale nationale.

Dès le départ, l’horaire a mis l’accent sur l’ampleur et la profondeur des dossiers, exposant les étudiants à un large éventail d’enjeux politiques de l’heure. La tournée a débuté par une discussion sur la souveraineté et la sécurité dans l’Arctique, avec la participation de Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, de l’ambassadeur du Danemark Nikolaj Harris et du député du Yukon Brendan Hanley. La conversation a mis en lumière l’importance géopolitique de l’Arctique, le leadership autochtone et l’évolution des intérêts stratégiques des acteurs mondiaux dans la région. Elle a été suivie d’une présentation sur la sécurité stratégique des États-Unis par Andrew Rasiulis, de l’Institut canadien des affaires mondiales, qui a analysé les implications de la politique de défense américaine pour le Canada et ses alliés.

Une visite à la Cour suprême du Canada a permis aux étudiants d’acquérir une compréhension concrète du pouvoir judiciaire, notamment grâce à une simulation de procès et à une rencontre avec le juge Mahmud Jamal. La journée s’est poursuivie par une séance de réflexion sur la fonction publique animée par le sénateur Peter Harder, suivie d’une discussion sur les politiques avec Rachel Bendayan, députée et secrétaire parlementaire du premier ministre, portant sur les conséquences du discours du premier ministre Carney sur la politique étrangère et économique du Canada, prononcé à Davos.

Le mercredi, l’attention s’est portée sur les conflits mondiaux et les défis environnementaux. Une séance sur la guerre en Irak, avec Alan Kessel et Joe Varner du Macdonald-Laurier Institute, a exploré les implications à long terme de l’intervention militaire et de l’instabilité régionale. Plus tard, à l’ambassade des États-Unis, les étudiants ont examiné la stratégie de sécurité américaine et les relations canado-américaines, acquérant un aperçu d’un partenariat bilatéral essentiel, à la veille d’une série de négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

La politique environnementale a été abordée lors d’une rencontre avec le député Steven Guilbeault, qui a discuté des engagements climatiques du Canada et des complexités de leur mise en œuvre. La journée s’est conclue avec Mona Fortier, députée et secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, qui a parlé des priorités de la politique étrangère du Canada et du rôle de la Francophonie dans l’engagement international.

Le programme du jeudi a permis aux étudiants d’entrer en contact direct avec des missions diplomatiques. À l’ambassade de la République populaire de Chine, les discussions ont porté sur la coopération entre le Canada et la Chine ainsi que sur les défis liés à la gestion d’une relation bilatérale complexe. À l’ambassade d’Ukraine, l’ambassadeur Andrii Plakhotniuk a offert un témoignage poignant sur la gestion de la politique étrangère en temps de guerre, permettant aux étudiants de mieux comprendre les réalités du conflit en cours. La dernière visite, à l’ambassade du Mexique, a exploré les relations économiques et politiques entre le Canada et le Mexique, soulignant l’importance historique de la coopération nord-américaine.

Pour les étudiants, l’expérience a été à la fois enrichissante sur le plan académique et transformatrice sur le plan personnel. Comme l’a souligné le participant Woelher Zidor :

« La tournée d’étude à Ottawa a considérablement approfondi ma compréhension des affaires internationales et de la complexité des relations mondiales. J’ai trouvé toutes les rencontres très précieuses, en particulier les discussions à l’ambassade des États-Unis et celles portant sur la Chine, qui ont offert un éclairage important sur l’évolution des relations entre ces deux pays. De plus, la présentation sur l’Ukraine a été particulièrement marquante, car elle a permis de mieux comprendre, de manière plus claire et nuancée, les réalités entourant l’invasion russe. Dans l’ensemble, cette expérience a renforcé mon intérêt pour les enjeux internationaux et amélioré ma capacité à réfléchir de manière critique aux dynamiques mondiales. »

Au moment du retour du groupe à Toronto, les étudiants avaient acquis non seulement une compréhension plus riche des affaires publiques et internationales, mais aussi une vision plus claire de l’intersection entre la théorie et la pratique. La tournée d’étude a renforcé l’importance du dialogue, de la réflexion critique et de l’engagement direct — des éléments clés pour former la prochaine génération de professionnels des politiques publiques, de diplomates et d’acteurs du changement.

Susan Pond, directrice de l’École des affaires publiques et internationales, a souligné l’importance de l’apprentissage expérientiel dans le programme :

« Amener les étudiants à Ottawa pour rencontrer directement des décideurs, des diplomates et des fonctionnaires ajoute une dimension essentielle à leur formation. Ces échanges en personne permettent aux étudiants d’interagir avec les personnes qui façonnent les politiques en temps réel, approfondissant leur compréhension d’une manière qui ne peut tout simplement pas être reproduite en salle de classe. »

Nous exprimons notre sincère gratitude à toutes les personnes qui ont généreusement consacré de leur temps pour rencontrer nos étudiants. Nous sommes également profondément reconnaissants envers le bureau de Robert Oliphant, député et secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, pour son aide précieuse dans l’organisation de ces rencontres.

Selon Natan Obed : « Dans notre société, l’un des aspects les plus précieux, l’un des plus protégés, est le respect du savoir et le fait de ne pas prétendre posséder des connaissances que l’on n’a pas. Je sais que cela m’a beaucoup aidé dans ma carrière de connaître ce que je sais, mais aussi de reconnaître véritablement ce que je ne sais pas. (…) Dans votre manière d’agir, sachez que vous serez toujours respectés en ayant des connaissances et en étant sincères, et non nécessairement en étant les premiers à intervenir. Bonne chance ! »

Voir le voyage d’études au complet ici