L’effet des jeux de sociétés

L’EFFET DES JEUX DE SOCIÉTÉS

Garder son cerveau actif avec des jeux de société, c’est une bonne idée!

Tout au long de votre vie, votre cerveau a la capacité de changer physiquement et chimiquement pour s’adapter à votre environnement. Lorsque vous apprenez de nouvelles connaissances ou habiletés, certaines cellules nerveuses, aussi appelées neurones, sont modifiées et forment de nouvelles connexions entre elles. À mesure que vous vieillissez, certains de ces processus biologiques se font moins efficacement. Une stratégie pour vous aider à mieux résister aux détériorations cognitives et à maintenir un bon fonctionnement du cerveau est de continuer à vous garder actif au point de vue cognitif.

Mais comment exercer son cerveau? Des recherches suggèrent que les jeux de société peuvent avoir un effet préventif et un avantage non- pharmacologique contre la démence. Une étude a exploré les effets de sessions de jeux de société hebdomadaires sur des participants en bonne santé cognitive mais ayant un historique familial de maladie d’Alzheimer. Yao Ching-Ten (2019) observa une amélioration considérable des fonctions cognitives chez ces individus après une session de jeux de 90 minutes chaque semaine pendant 3 mois. Dartigues, Foubert-Samier, Le Goff et al. (2013) ont fait une étude similaire sans contrôler les risques génétiques de leurs participants. Après avoir suivi leur développement cognitif pendant 20 ans, les chercheurs ont observé que ceux ayant participé aux jeux de société régulièrement avaient 15% moins de risque de développer une démence cognitive.

Les jeux de cartes, les échecs, les jeux de mots et les jeux de mémoires semblent avoir les plus grands effets préventifs sur le cerveau. Ils nous permettent de pratiquer notre mémoire, de diviser notre attention entre notre jeu et celui de l’adversaire, et d’utiliser notre logique afin d’anticiper nos actions futures afin de gagner ou de résoudre le problème devant nous. Ces exercices permettent à notre cerveau de se fortifier en formant de nouvelles connexions dans les régions qui régulent notre comportement quotidien. Ces connexions rendent notre cerveau plus résilient contre le stress et d’autres facteurs biologiques qui peuvent affecter nos processus cognitifs. Plus nous faisons travailler notre cerveau et créons ces connexions, plus notre cerveau est généralement capable de compenser si nous développons une démence. En terme scientifique, ceci nous permet de développer notre réserve cognitive.

La démence est maintenant un des plus gros problèmes de santé publique à prévenir. Cependant les recherches ci-dessus démontrent que l’éducation, soit l’apprentissage et l’exercice d’une activité cognitive stimulante, sert de facteur protecteur contre le déclin cognitif. En faisant des tâches qui demandent un effort cognitif, le cerveau se permet de faire des connexions abondantes et développe une multitude de circuits. Si une démence se développe, le cerveau aura plus de ressources pour compenser car même si certaines connexions sont compromises, l’information pourra en emprunter d’autres. Ceci fait en sorte que nous voyons un délai dans l’apparition de symptômes de démence chez les gens ayant plus de réserve cognitive, leur permettant de maintenir leur indépendance plus longtemps.

Les chercheurs suggèrent qu’il n’y a pas de « bon âge » pour commencer à prévenir la démence. Il est important de rester actif cognitivement tout au long de sa vie! Ce qui ressort davantage de la recherche sur l’effet des jeux de société sur le cerveau est son impact social, participant à la réduction globale du stress. La réduction et la régulation du stress reste un facteur protecteur universel pour toute maladie physique et mentale. Ceci dit, en organisant une partie de Scrabble, de dominos ou des Aventuriers du rail chaque semaine avec votre famille ou vos amis, vous vous permettez d’entraîner votre cerveau, contribuez à vos expériences positives et vous encouragez un rassemblement social, accessible et intergénérationnel pour que tout le monde puisse s’amuser!

Jeux amusants et stimulants recommandés : Scrabble, mémoire (memory), Monopoly, jeux de cartes, battleship, Risk, Clue, Yahtzee et pleins d’autres!

Références

Dartigues JF, Foubert-Samier A, Le Goff M, et al. (2013). Playing board games, cognitive
decline and dementia: a French population-based cohort study. BJM Open. doi: 10.1136/bmjopen-2013-002998

Schiepers, O. J. G., Köhler, S., Deckers, K., Irving, K., O’Donnell, C. A., Akker, M., . . . Boxtel, M. P. J. (2018).
“Lifestyle for brain health (LIBRA): A new model for dementia prevention”: Corrigendum. International Journal of Geriatric Psychiatry, 33(9), 1290. doi:http://dx.doi.org.ezproxy.library.yorku.ca/10.1002/gps.4959

Schultz, S. A., Larson, J., Oh, J., Koscik, R., Dowling, M. N., Gallagher, C. L., Carlsson, C. M.,
Rowley, H. A., Bendlin, B. B., Asthana, S., Hermann, B. P., Johnson, S. C., Sager, M., LaRue, A., & Okonkwo, O. C. (2015). Participation in cognitively-stimulating activities is associated with brain structure and cognitive function in preclinical Alzheimer’s disease. Brain imaging and behavior, 9(4), 729–736.
https://doi.org/10.1007/s11682-014-9329-5

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Yao Ching-Teng (2019) Effect of board game activities on cognitive function improvement among older adults in adult day care centers, Social Work in Health Care, 58:9, 825-838, DOI: 10.1080/00981389.2019.1656143

Walhovd, K. B., Howell, G. R., Ritchie, S. J., Staff, R. T., & Cotman, C. W. (2019). What are the earlier life contributions to reserve and resilience? Neurobiology of Aging, 83, 135-139. doi:http://dx.doi.org.ezproxy.library.yorku.ca/10.1016/ j.neurobiolaging.2019.04.01